19 novembre 2019 | Dave Bookless | 0 commentaires

La Bible, la biodiversité et les priorités de Dieu

Beaucoup d’églises et d’organisations chrétiennes sont devenues actives pour parler du changement climatique à cause de l’impact sur les communautés de gens les plus pauvres de la terre : c’est une question de justice. Mais nous faisons aussi face à une deuxième crise écologique, potentiellement tout aussi sévère, mais qui reçoit beaucoup moins d’attention des chrétiens : la perte de biodiversité. D’après le « Rapport Planète Vivante 2018 » (2018 Living Planet Report), il y a eu 60 % de déclin dans la faune de façon globale depuis 1970. Alors pourquoi est-ce que les chrétiens devraient se soucier de cela ? La Bible a beaucoup à dire sur la relation entre l’humanité et Dieu, et l’humanité, et nos prochains, mais a–t’elle quelque chose de pertinent à dire sur la biodiversité ?

Le mot Biodiversité n’est pas dans la Bible, mais le concept est profondément biblique. Dans Genèse, 1:31, Dieu regarde tout ce qu’il a fait et proclame que c’est très bien. « Tout » ici veut dire la variété de vie et le système qui le préserve, ce qu’aujourd’hui nous appelons la biodiversité. Tandis que nous regardons à travers les plus grands thèmes de la Bible, le schéma est clair : Dieu est passionné par la biodiversité du début à la fin.

« Upmarket Ark », par Kollage Kid (licence: CC BY-NC-SA)

« Upmarket Ark », par Kollage Kid (licence: CC BY-NC-SA)

1. La création

Tout commence ici. Dieu, rempli d’amour – Père, Fils et Saint Esprit – choisit de créer un monde interdépendant et infiniment varié, débordant de biodiversité, de beauté de complexité et de sens artistique. Le plaisir de Dieu dans la Création se voit bien dans la Genèse, dans les Psaumes, la littérature de sagesse et la façon dont les prophètes et Jésus lui-même utilisent sans arrêt la nature pour illustrer les vérités de Dieu et la vie. La biodiversité n’a pas été créée pour le plaisir de l’humanité, mais par et pour Christ. (Colossiens 1)

2. L’alliance

Une fois que la séparation de l’humanité avec Dieu cause une rupture qui affecte toute la terre, Dieu offre un nouveau départ dans la première grande alliance biblique à travers Noé. Sauvant des êtres de toutes les espèces sur l’arche – y compris les impures, les non-comestibles et les dangereuses – c’est une grande affirmation de la passion de Dieu pour la biodiversité. Ils ne sont pas là pour Noé ni parce qu’ils sont utiles pour nous, mais pour que « leurs espèces puissent continuer sur la terre ». Dieu a établi une alliance, un lien qui sauve, qui inclut chaque créature de la Terre.

3. Christ

L’incarnation, la vie, la mort et la résurrection de Jésus donnent une compréhension spécifiquement chrétienne de la valeur de la biodiversité. « La parole devint chair » souligne délibérément que le Créateur est devenu une créature – ainsi élevant la valeur non seulement de la nature humaine, mais aussi de toute créature. Presque toutes les illustrations de Jésus s’appuient sur l’environnement naturel – l’agriculture et les saisons, les oiseaux et les fleurs, les figuiers et les renards. Dans la mort et la résurrection de Christ, nous voyons toute la portée du dessein de Dieu pour la biodiversité. Le verset 20 de Colossiens au chapitre 1 proclame que la mort du Christ sur la croix permet à toute chose vivante au ciel comme sur la terre d’être réconcilié avec Dieu.

4. L’avènement

La mort et la résurrection du Christ implique une promesse qui se réalisera quand Jésus reviendra. Les prophètes de la Bible avec leur vision de shalom, font allusion à la biodiversité comme une partie du plan éternel de Dieu : le lion et l’agneau, le serpent et l’enfant, les quatre créatures vivantes qui louent devant le trône (qui semblent représenter l’humanité, les animaux sauvages, les animaux domestiques et les oiseaux). Il y a aussi des passages de jugement et de destruction, donc il y aura à la fois de la discontinuité et de la continuité entre ce monde et la nouvelle création. Nous ne pouvons pas sauver la biodiversité purement par nos propres efforts – c’est le travail de Dieu et cela nécessitera un remaniement radical de l’ordre des choses. Pourtant, tout ce que Dieu a créé dans la joie et qu’il maintient dans l’amour, il le sauvera par sa grâce.

5. L’Eglise

Finalement, quelle est la place de l’Eglise dans le plan de Dieu pour la biodiversité ? La Bible n’est pas très explicite à ce sujet ; peut-être est-ce pour cela que nous avons été si lents à réaliser que cela fait partie de notre appel. Pourtant, si nous prenons au sérieux le dessein de Dieu, nous devons chercher notre rôle dans ce domaine. Si Dieu va racheter et sauver la biodiversité, est-ce que nous nous asseyons et attendons simplement ? Non ! En tant que disciples de Jésus nous sommes appelés à vivre avec ses valeurs, en anticipant dans nos vies la réalité qu’il va apporter. Le chapitre 8 de l’épître aux Romains proclame que « toute la création attend que les enfants de Dieu soient révélés » Qui sont les enfants de Dieu ? C’est l’Eglise – le corps du Christ ici sur terre – appelé à être ses mains et ses pieds, son cœur et sa voix. Oui, pour apporter la bonne nouvelle aux âmes égarées, pour voir Christ dans la personne des pauvres et des prisonniers, mais aussi pour permettre à la faune de glorifier Dieu comme il l’a prévu.

La conservation de la biodiversité est une conséquence incontournable quand on proclame « Jésus est Seigneur ! »

Traduction : Ursula Peutot

Catégories: Réflexions
Sur Dave Bookless

Dave Bookless : engagé à A Rocha depuis 1997, cofondateur (avec sa femme Anne) d’A Rocha Grande-Bretagne en 2001, il est actuellement Directeur pour la Théologie et les Eglises d’A Rocha International. Auteur et conférencier, il a une passion pour partager les enseignements de la Bible dans les cultures d’aujourd’hui. Il a participé à la rédaction de nombreux livres et a lui-même écrit «Planetwise – Dare to Care for God’s World» et «God Doesn’t do Waste». Il travaille à temps partiel à un doctorat de l’Université de Cambridge sur la théologie biblique et la sauvegarde de la biodiversité. Ayant grandi en Inde, il habite avec sa femme et ses 4 filles à Southall, une banlieue multiculturelle de Londres, où il partage le pastorat d’une église anglicane multiraciale et essaie avec sa famille de vivre de la manière la plus durable possible. Il est aussi ornithologue (bagueur certifié) et aime les oiseaux, les montagnes et les îles.

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