15 juillet 2015 | Peter Harris | 0 commentaires

Carte postale de Namibie : pourquoi l’argent ne peut pas valoriser la nature

Si quelqu’un mérite de pouvoir commenter la monétisation de la nature c’est bien Christiaan Bakkes. Idéaliste éclairé, il est convaincu du bienfait de permettre aux communautés locales de tirer un profit financier de la faune et de la flore. Christiaan a travaillé pendant vingt ans au sein d’organisations de protection de l’environnement en Namibie pour que se réalise un tel projet. La mise en place d’un nombre toujours plus important de zones protégées au profit de la communauté a permis à la faune et la communauté locale de prospérer pendant un temps, aidés par quinze années de pluies régulières. Il écrit : « la faune des plaines proliférait et le nombre de rhinocéros noirs augmentait. On pouvait remarquer davantage d’éléphanteaux nouveau-nés parmi les petits troupeaux adaptés au désert. Le lion du désert fit un retour remarquable. Quel plaisir avons-nous eu à emmener les voyageurs étrangers en safari à travers cet éden africain aride . »

Rhino calf in Etosha (photo by Yathin S Krishnappa)

Rhino calf in Etosha (photo by Yathin S Krishnappa)

Toutefois une contradiction au cœur même de cette entreprise réduit à néant tous les acquis des quinze dernières années. La faune est en train d’être décimée.

Nous nous devons de comprendre cette contradiction car la Namibie rerpésente un microcosme d’une expérimentation enclenchées à l’échelle mondiale. Cette expérience est fondée, par conviction, sur le diktat « si ça paye, ça reste.» La contradiction provient du fait que « ce qui paye » ne donne aucune raison morale à ceux qui sont rémunérés de savoir quand ils ont assez d’argent. Ce qui se passe en Namibie en est un bel exemple. Bakkes écrit encore : « Il semble que même pour les défenseurs de l’environnement, la flore et la faune sauvage n’ont leur place que si les populations peuvent en tirer profit. Jamais cet adage n’a été aussi évident que dans les zones protégées des communautés locales de Namibie. Tout est question d’argent. Seuls les avantages financiers que la communauté tire de la nature comptent. Tristement, la fierté nationale, l’éthique, l’esthétique et les bonnes pratiques écologiques se partagent la seconde place, si tant est qu’elle existe. Tout doit avoir un prix. Notre constante quête de retours financiers n’a créé qu’une seule chose : la CUPIDITÉ. Celle-ci mène au désastre. Tous les principes s’envolent à l’arrivée du plus offrant. »

La pensée chrétienne en matière d’environnement place la faune et l’être humain dans le cadre plus large de notre origine identitaire commune. Nous savons que nous avons besoin d’aide pour venir à bout de notre cupidité intrinsèque. Nous savons ce qui importe parce que Dieu nous a fait et qu’il a tout créé, avec amour. Le contentement, qui peut être puisé dans notre confiance et notre relation à Dieu, à sa création et à nos communautés, est tout ce dont la création et la société ont besoin pour réussir. En revanche, penser que satisfaire nos intérêts financiers garantira le maintien de la valeur de la nature au niveau mondial n’entraînera que plus rapidement pénurie, extinction et actes de désespoir.

Nous avons un besoin urgent de retrouver les racines de notre propre valeur, ainsi que de celle de tout ce que Dieu a créé.

La valeur de la Création ne peut être quantifiée par l’argent, mais elle peut être mesurée par la redécouverte de l’amour de la nature.

Lire End of the game for Namibia («Fin de partie pour la Namibie») de Christiaan Bakkes

Traduction par Claire Sjaarda / Valérie Coudrain

Catégories: Cartes postales
Sur Peter Harris

Peter et Miranda s’ont déplacé au Portugal en 1983 pour établir le premier centre d’études sur le terrain d’A Rocha. Ensemble avec leurs quatre enfants, ils vivaient au centre depuis douze ans jusqu’en 1995 lorsque le travail a été consacrée à un leadership national. Ils ont ensuite déménagé à établir le premier centre A Rocha France près d’Arles, et y ont vécu jusqu’en 2010, assurant la coordination et dirigeant le mouvement mondial en croissance rapide. Ils sont maintenant de retour au Royaume-Uni où ils soutient la famille A Rocha dans le monde entier tout en étant plus proche de sa famille, et non moins leurs petits-enfants. Leur histoire est racontée dans Under the Bright Wings [Sous les ailes lumineuses] (1993) et Kingfisher’s Fire [Le feu du martin-pêcheur] (2008).

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