25 avril 2016 | Peter Harris | 0 commentaires

Aller à la “pêche aux fonds” – a-t-il des règles à suivre ?

Comme Barbara Mearns l’a remarqué récemment (voir article en anglais), les commentaires des gens peuvent être bizarres quand vous leur dites que vous travaillez dans le secteur ‘conservation de la nature’. Les réactions sont très variées selon votre description. Mais si vous dites que vous travaillez pour une organisation non-lucrative (vrai), c’est étonnant combien de fois les gens pensent que vous allez demander de l’argent (faux). Alors, étant donné que nous, les agents dans les organismes de bienfaisance, comptons sur la générosité des gens, est-ce qu’il y a une bonne méthode pour aller à la « pêche aux fonds ?»

Prise de poissons © Gillian Moore

Prise de poissons © Gillian Moore

Chaque fois que je cherche la bonne façon de faire quelque chose j’ai tendance à voir comment Jésus a accompli cette chose. Par exemple, il a demandé à ses disciples d’aller emprunter un âne à un ami – pour mettre en scène sa marche improvisée vers Jérusalem. Sans âne, pas de marche – mais il a réussi. Deux mille ans plus tard nous en parlons encore. En effet, un résultat vraiment durable. Jésus a donné des  recommendations très claires sur notre façon de faire des dons aux autres (anonyme, silencieux, de manière sacrificielle). En effet, pour Dieu l’attitude est plus importante que le montant. Nous trouvons beaucoup moins de références pour expliquer la bonne façon de demander. Et c’est peut-être parce que dans le contexte d’une culture très généreuse au Moyen Orient il n’était pas nécessaire d’insister sur ce point. Alors je retourne de nouveau à une métaphore donnée par Jésus, parce que, par extension, on peut comprendre que faire des bonnes demandes se base sur comment nous, les demandeurs, voyons les donateurs ; en plus,finalement, c’est Dieu qui donne toutes les bonnes choses. En fin de compte, aller à la pêche aux fonds repose moins sur nos idées de nos besoins que sur une meilleure compréhension des choses que Dieu veut soutenir.

Voici la métaphore : la pêche des disciples de Jésus que nous trouvons dans l’Evangile de Jean au chapitre 21. Les voilà retombés dans leurs anciennes habitudes, parce que ‘le projet’ n’a pas réussi (apparemment). Jésus avait été mis à mort ; c’était fini; alors il fallait gagner sa vie comme avant par une nuit de pêche. Et cela ne s’était pas bien passé.

Typiquement, on retrouve des ‘filets de pêche vides’ chaque fois que nous nous aventurons dans des projets sans avoir essayé de comprendre à l’avance comment ces projets peuvent se situer dans la vision du monde de Dieu. Et en plus on fait des nuits blanches. Pour les disciples, pour arriver de nouveau sur le bon chemin, il fallait être prêts à pêcher, selon les nouvelles méthodes ‘ressuscitées’ – suivre les consignes de Jésus. Ils étaient les experts, mais ils reconnurent que Jésus savait encore mieux qu’eux – alors ils jetèrent les filets là où il leur montra.

Après toutes ces années, c’est peut-être superflu de savoir combien de poissons ils ont pris – bien que Jean dise très précisément 153 grands poissons ! Et je trouve cela rassurant parce que la première chose que je fais quand nous recevons un don en dollars ou en euros est de regarder sur xe.com. Cela me montre combien de semaines mes collègues d’A Rocha peuvent travailler ou combien d’arbres on peut planter avec cet argent.

Mais la chose la plus importante est que les disciples ont reconnu qui savait comment pêcher et où. Et moi je pense que pendant toute sa vie le bon demandeur ou le bon pêcheur de fonds cherche précisément cela pour chaque situation. C’est aussi la raison pourquoi la manipulation, l’insistance, la mendicité et la culpabilisation font vraiment une tache noire sur le bon travail de recherche de fonds pour l’oeuvre de Dieu. Je crains que beaucoup des demandes de dons qui arrivent dans ma boîte aux lettres soient foncièrement malhonnêtes. Nous avons tous besoin d’un bateau et de bons filets de pêche (ils n’ont pas craqué, même avec 153 grands poissons !). Je veux rendre hommage à tous ceux qui façonnent les filets d’A Rocha et qui nous rendent capables d’avoir des bonnes pratiques de comptabilité, des cadres logiques minutieux pour justifier les résultats, une liste claire des besoins pour chaque centime d’euro et tous ceux qui font le nécessaire pour faire une bonne demande de fonds. Vous vous reconnaissez tous ! Mais quand nous avons établi les bases essentielles. Nous faisons confiance au Grand Pêcheur. Alors, à bas les théories  sur la bonne façon de faire de la  pêche de fonds et rendez-vous au prochain festin de poissons préparé par Jésus, sur une plage quelque part !

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Traduction : Felicity Hall / Irène Kelliny-Gaulis

Catégories: Réflexions
Sur Peter Harris

Peter et Miranda s’ont déplacé au Portugal en 1983 pour établir le premier centre d’études sur le terrain d’A Rocha. Ensemble avec leurs quatre enfants, ils vivaient au centre depuis douze ans jusqu’en 1995 lorsque le travail a été consacrée à un leadership national. Ils ont ensuite déménagé à établir le premier centre A Rocha France près d'Arles, et y ont vécu jusqu’en 2010, assurant la coordination et dirigeant le mouvement mondial en croissance rapide. Ils sont maintenant de retour au Royaume-Uni où ils soutient la famille A Rocha dans le monde entier tout en étant plus proche de sa famille, et non moins leurs petits-enfants. Leur histoire est racontée dans Under the Bright Wings [Sous les ailes lumineuses] (1993) et Kingfisher’s Fire [Le feu du martin-pêcheur] (2008).

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